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Historique

Le département de l'Oise n'est pas sans reste quant aux batailles qui y ont eu lieu. Venez découvrir son historique !

LES GRANDES PHASES DE LA GRANDE GUERRE DANS L'OISE
L’arrivée des soldats allemands dans Noyon le 30 août 1914.
Le 3 août 1914, l'Empire allemand déclarait la guerre à la France qu'il envahissait par le nord et l'est. Du 18 au 24 août, la bataille des frontières se conclut par une retraite générale de l'armée française battue à Charleroi. La ruée allemande dépassa la Somme, franchit l'Oise puis l'Aisne, menaçant Paris.

1. LA GUERRE DE POSITION DANS L'OISE (23 septembre 1914 - 18 mars 1917)

Les combats de 1914Carte postale de propagande allemande illustrant des cavaliers allemands devant Paris.
Après l'enfoncement des frontières françaises (24 août 1914), les armées allemandes rejoignirent la route de Paris. Le 1er septembre, la déferlante germanique s'abattit sur l'Oise, touchant le Noyonnais, puis dépassa Compiègne pour atteindre Senlis. Regroupés audacieusement à Nanteuil-le-Haudoin, des taxis parisiens amenèrent sur le front les troupes françaises qui bloquèrent la progression allemande vers la Marne et entreprirent une contre-offensive qui s'avéra victorieuse (6-12 septembre).
L'armée ennemie reflua vers l'Aisne, mais désireuse de conserver une position avantageuse sur la route de Paris, fixa un front dans le Noyonnais.
Alors que la rive droite de l'Oise était fermement tenue par les troupes allemandes sur une ligne allant de Pimprez à Lassigny, la rive gauche fut le théâtre d'une lutte acharnée où s'illustrèrent des régiments de Zouaves. A l'issue des batailles de Cuts (15-17 septembre) et de Carlepont (17-18 septembre), le front se stabilisa sur une ligne allant de Bailly à Tracy-le -Val.


Cuts ; le carrefour de la Pommeraye.
Dans les premiers jours du conflit, les villes et villages furent pillés par les troupes allemandes dans l'exaltation de leur victoire. L'échec du plan Von Schlieffen et la stabilisation du front modifièrent le comportement des occupants vis-à-vis des civils.

 

Zouaves près de Noyon.

 

Arrivé à Thourotte le 14 septembre 1914, le 2ème Zouaves mena une lutte acharnée en rive gauche de l'Oise pour reprendre Noyon. Ce régiment participa à la bataille de Cuts, puis à celle de Quennevières (1915) et enfin à la reconquête du Noyonnais en 1918.

Le front de l'Oise
Dès octobre 1914, les deux camps organisèrent leur position, garnissant leurs lignes de tranchées, de boyaux, de fils de fer barbelés, d'observatoires et de fortins... mais tandis que les Allemands installaient une frontière fortifiée pour protéger le pays conquis, les Français n'élevaient que des constructions provisoires. A partir de l'été 1915 alors que la guerre s'éternisait, les troupes françaises s'installèrent à leur tour, édifiant des ouvrages de défense, aménageant les carrières qu'ils occupaient.
Pendant trois années, les troupes françaises et allemandes se firent face dans une guerre de position marquée par la destruction des observatoires (clochers d'églises, tours), par de continuelles altercations sous forme d'assauts et de duels d'artillerie. Hormis la bataille de Quennevières (6-16 juin 1915), le front de l'Oise ne fut pas le centre des grandes opérations militaires. Trente mois durant, les régiments se relevèrent dans ce secteur plutôt calme, occupant leurs temps de repos à consolider les positions, à améliorer le confort de campagne, à aménager les carrières souterraines: tandis que les soldats allemands sculptaient méthodiquement des devises patriotiques en lettres gothiques et un aigle impérial dans la carrière des Cinq Piliers (Dreslincourt), les Français décoraient de manière désordonnée celle de Thiescourt.

L'église de Pimprez dessinée par le soldat Berth Adolph du 52ème L.I.R.
La plupart des villages du front subirent des bombardements sur chacun des points pouvant servir d'observatoire. Les mouvements de troupes étaient souvent pris pour cible par les artilleurs renseignés par l'aviation et les ballons captifs.

 

 

 




"Ma chère femmeCarte postale des tranchées d'Elincourt-Sainte-Marguerite adressé par le poilu Jean Ménard à son épouse le 18 janvier 1915.
Je t'écris ces quelques mots pour te donner ma situation. Nous avons parti ce matin pour la relève des tranchées. Moi je n'y reste pas, comme cuisinier nous sommes un peu en arrière dans une ferme. J'ai une chose de qui est bonne c'est que je n'ai pas la peine de prendre la garde, c'est déjà quelque chose. Ca n'empêche pas d'entendre les obus siffler par dessus nos têtes. Que veux tu ma chérie on commence à s'y faire, ça fait moins peur que les premiers jours et on s'habitue a la misère de la guerre. Jusque-là, on avait vu que des roses, à présent c'est des épines et des dures.
Quatre heures et tous les jours on va porter la soupe dans les tranchées et ce n'est pas rigolo car par les boyaux pour se rendre aux tranchées on fonce dans l'eau et dans la boue.
Ton mari qui t'aime et t'embrasse mille fois de tout mon cœur.
Ménard Jean.
C'est la carte d'une idée des tranchées. Si tu voyais comme on est sale. Bonjour à la maison. Au revoir chérie".
Les carrières de Thiescourt.
A quelques centaines de mètres des lignes allemandes, les troupes cantonnées dans les carrières du Chauffour réalisèrent de somptueuses sculptures soit de leur propre initiative soit sur commande des officiers.

 

La carrière des Cinq Piliers (Dreslincourt) ornée de la devise "Nous, Allemands, ne craignons rien au monde, sauf Dieu"
A l'instar de la variété des sculptures et du fouillis des graffitis français, les inscriptions monumentales allemandes témoignent de la psychologie d'une armée nationaliste et ordonnée.

 

 

 

Plans des lignes françaises (en rouge) et allemandes (en bleu) devant Lassigny, Bailly, et Tracy-le-Val.Plans des lignes françaises (en rouge) et allemandes (en bleu) devant Lassigny, Bailly, et Tracy-le-Val.Plans des lignes françaises (en rouge) et allemandes (en bleu) devant Lassigny, Bailly, et Tracy-le-Val.

 

 

 


La vie en pays conquis
Dans la plupart des cas, la population des villages de première et de deuxième lignes fut évacuée dans les premiers mois de la guerre de position. Le besoin d'utiliser des "otages" comme rempart aux bombardements aveugles français motivait les Allemands à maintenir la population civile dans le village (c'est le cas des infirmières dans l'hospice de Dreslincourt), mais la crainte des indiscrétions força l'occupant à éloigner les habitants du théâtre des opérations.
Pimprez et Dreslincourt, villages situés de part et d'autre de la route de Paris, point stratégique par excellence, furent ainsi vidés de leurs habitants. A Ourscamp, hameau isolé dans une forêt en bordure de l'Oise, la population fut évacuée quelques jours après l'incendie de la filature bombardée par les Français: démunie de tout (de logement, de travail, de nourriture) la population civile représentait une charge voire une gêne pour l'occupant qui préféra l'éloigner.
Au delà de la troisième ligne de défense, un semblant de vie civile française subsistait dans les villages devenus allemands. Il ne restait cependant que les femmes, les enfants, les infirmes et les vieillards, les hommes valides et les personnes suspectes ayant été déportés en Allemagne.
Pourtant, le travail des champs se poursuivait dans le village occupé. Outre les taxes et réquisitions, les habitants avaient certains devoirs envers l'envahisseur tels que corvées de pêche, de lessive ou de traite des vaches pour la Kommandantur.

L'appel par les officiers du 12 L.I.R. à Ville.
Chaque jour, l'occupant allemand vérifiait la présence de la population soit maison par maison soit en faisant l'appel sur la place publique. A Noyon, la prise quotidienne de trois habitants comme otage instaura un climat de terreur.


Le marché de Noyon.
Malgré les réquisitions, les échanges commerciaux se poursuivaient dans les communes entre occupants et occupés.

 

La Kommandantur de Chiry.

Dans le village de Chiry, situé en troisième ligne, l'occupation allemande impliqua une organisation de la vie militaire et de la vie civile. A ce titre, le poste de commandement du secteur Chiry-Dreslincourt-Ville fut établi dans une des maisons renforcées de la rue principale de Chiry (actuelle rue Royale). Dans cette maison fortifiée, les ordres militaires et civils (police, taxes, réquisitions) étaient donnés pour le secteur entier.
Les tranchées de Puisaleine. Soldats en guerre sur leur sol, les Français n'étaient pas moins isolés des "pays de l'arrière" que les Allemands de chez eux. Pour tous les combattants, le courrier et les permissions restaient le seul lien avec la famille

2. LA PREMIERE LIBERATION (18 mars 1917 -  21 mars 1918)
L'Oise libérée sans combat
Quelques mois après les terribles batailles de la Somme et de la Marne (1916), l'état-major allemand décida de raccourcir le front en réduisant la poche de Noyon. Le recul des troupes réclamait l'évacuation des populations des villages occupés vers Noyon d'où elles seraient déportées dans le Nord de la France et en Allemagne. Une fois les villages évacués, les pionniers allemands mirent en pratique la stratégie de la " terre brûlée " en dynamitant les maisons, les ponts et les carrefours, en coupant les arbres, en empoisonnant les puits, en ennoyant les champs et en détruisant le matériel cultural. Le 18 mars 1917, les troupes allemandes avaient effectuées leur repli sur la ligne Hindenburg. En reculant d'une quarantaine de kilomètres en direction de Saint-Quentin, les Allemands abandonnaient aux Français un secteur qu'ils avaient rendu impraticable. Le 19 mars 1917, l'Oise était libérée sans combat.

Pour ralentir la marche des Français dans la reconquête de 1917, les Allemands avaient coupé les voies de communication par tous les moyens, ponts dynamités, champs inondés, carrefours minés, arbres abattus.

Le spectacle de la guerre
Cette perte de terrain consentie par l'ennemi fut ressentie par les Français de " l'arrière " comme une réelle victoire, mais aussi comme un choc, car outre les marques de la germanisation, les Français purent voir les désastres de la guerre en France, chose jusque-là rendue impossible en raison d'un front stabilisé et d'un secret militaire respecté. La presse multiplia les reportages photographiques sur " les villages martyrs " de l'Oise, montrant les " témoignages de la destruction systématique pratiquée par les Allemands en retraite ".
Aussitôt, un élan de solidarité vint au secours des réfugiés et des déportés qui, libérés par les Allemands, regagnèrent leur pays dévasté via la Suisse. Les personnalités politiques vinrent visiter le territoire reconquis, et Noyon devint l'objet des regards du monde entier, se faisant parrainer par la ville de Washington.



Une brève reconstructionVisite du Président Poincaré dans Noyon libéré (24 mars 1917).
Peu à peu, la vie reprit dans le Noyonnais, libéré des troupes d'occupation allemandes mais soumises aux troupes d'occupation françaises. Car la guerre était encore présente, à quelques dizaine de kilomètres de là, et si le ravitaillement facilitait la vie civile, la présence militaire l'alourdissait : couvre-feu, police et règlementation militaire, surpopulation... Pourtant, en quelques mois les villages libérés se relevèrent de leurs ruines. Les champs étaient réensemencés, les voies de communications rétablies, les écoles réouvertes et les activités quotidiennes restaurées. La misère et les destructions vécues en 1917 s'éloignèrent des esprits. La nouvelle année s'annonça pleine de promesses, mais l'état major allemand en décida autrement.


Lassigny en ruines.
Fortement marqué par les violents combats de 1914 et les destructions de 1917, Lassigny ne put se relever de ses ruines pendant l'année de libération.

 


[Le lavoir de Bimont (Tracy-le-Mont)
Légendés "Français souvenons-nous", de nombreux clichés photographiques furent publiés sous forme de cartes postales. En témoignant des destructions, alors que la guerre n'était pas terminée, cette forme de propagande française faisait appel au patriotisme et à la solidarité nationale.


3. LES COMBATS DE 1918
Les batailles de Noyon et du Mont-Renaud.Carte postale de propagande allemande illustrant la vaillance de leurs troupes d’assauts pendant les combats de 1918.
Le 21 mars 1918, une grande offensive allemande entre l'Oise et la Scarpe enfonça le front anglais sur 80 Km. Les vingt-sept divisions de Von Hutier déferlèrent alors vers le sud-ouest en direction de Noyon, avec pour objectifs de séparer les armées françaises des armées anglaises et de rejoindre la route de la capitale. Impuissantes face au rouleau compresseur germanique, les troupes anglaises se replièrent laissant à l'armée française la tâche d'entraver la marche ennemie et de préserver la route Noyon-Compiègne-Paris. Les renforts français parvinrent à ralentir l'avance allemande; Ham tomba le 22 mars, mais l'ennemi ne parvint aux portes de Noyon que le 25 mars. Entretemps, les Anglais avaient brûlé leurs dépôts d'approvisionnements, les civils s'étaieL'ancienne chartreuse du Mont-Renaud fut un site stratégique fortement disputé en 1918. En tenant la colline, le 57ème R.I.nt jetés sur les routes et les troupes françaises s'apprêtaient à tenir le Mont-Renaud coûte que coûte. Hormis ses quelques combats de rues, la cité de Calvin avait échappé une nouvelle fois aux bombardements, mais si la bataille de Noyon (23-25 mars 1918) l'avait épargnée, la bataille du Mont-Renaud (26 mars-30 avril 1918) la réduisit en cendres. Les troupes françaises, retranchées sur la colline défendirent héroïquement leurs positions, repoussant vingt-trois assauts allemands. Noyon, devenue allemande, subit le bombardement français sur les carrefours, sur les positions de tirs, sur les secteurs de cantonnement puis sur la ville.


La bataille du Matz.Char français Renault de type FT17 en progression au bord d’une tranchée à Lataule en août 1918.
Après un mois de combat acharné au Mont-Renaud, l'état-major allemand suspendit les attaques jusqu'au 9 juin, date à laquelle il lança une offensive de la dernière chance sur le front Mondidier-Noyon. Après les destructions volontaires allemandes de mars 1917, l'Oise allait essuyer de terribles combats où toute la technologie guerrière de l'époque fut employée sans retenue, à grand renfort d'artillerie lourde et de gaz de combat.
L'armée allemande progressa rapidement jusqu'au Matz, livrant d'acharnés combats au Plémont et sur le Massif de Thiescourt. Le 11 juin, une contre-attaque française ordonnée par le général Mangin sauva Compiègne d'un ennemi contenu en rive gauche de l'Aronde. Deux mois durant, les soldats des deux camps s'affrontèrent. Cette nouvelle guerre de position cessa le 9 août, lorsque l'armée du général Debeney libéra Montdidier. Aussitôt, l'armée du général Humbert reprit l'offensive, libérant le Massif de Thiescourt (20 août), passant la Divette (22 août), s'emparant de Noyon (29 août).

Vue aérienne de Noyon en automne 1918.
Epargnée par les combats, la ville de Noyon laissée "ouverte" fut détruite par les Français lors de la bataille du Mont-Renaud. Souvent considérée comme un acte de barbarie, la destruction de la ville apparaît ici comme un acte d'héroïsme.

 


L’offensive générale (août 1918)
L'armisticeA Méry, le retour des civils.
L'Oise était définitivement libérée après cinq mois de combats d'une extrême violence. Premier département redevenu français, l'Oise allait devenir l'un des symboles de la Grande Guerre avec la signature de l'armistice le 11 novembre 1918 dans une clairière en forêt de Compiègne. Alors que le clairon sonnait le cessez-le-feu, le Noyonnais était encore vide de sa population. Commençait alors le difficile après-guerre.
Rares sont les habitants qui rentrèrent dans leur maison ruinée dès la fin des hostilités.

Le choix de Rethondes
Témoignage du général Weygand.[La Clairière de l'Armistice, Compiègne.
" (...) Lorsque le Maréchal Foch eut à déterminer le lieu où il convoquerait les parlementaires chargés de demander un armistice, plusieurs solutions s'étaient présentées à son choix. Serait-ce une localité plus ou moins importante ? Faudrait-il la choisir à l'arrière, ou dans une région des pays envahis et récemment délivrés ? Le Quartier Général du Commandant en Chef n'était-il pas le point où devaient être conduits ceux qui venaient implorer la cessation des hostilités ?
Cette dernière solution, la plus simple et la plus naturelle, retint d'abord l'attention du Maréchal. Mais son Quartier Général était depuis quelques semaines installé à Senlis. La charmante cité était bien rapprochée de Paris. Si étroitement que le secret pût être gardé jusqu'à l'arrivée des Allemands, il eût été impossible de prolonger le mystère. Il ne s'agissait point en effet d'une réunion promptement close : le texte de convention arrêté par les Alliés était un document important et il était vraisemblable que les parlementaires auraient à le faire connaître à leur Gouvernement avant de le signer ; c'est pourquoi un délai de trois jours avait été prévu.
Au bout de quelques heures, la ville eût été envahie d'hommes politiques, de publicistes et de simples curieux de tous les pays. Les égards dus à un ennemi malheureux et le premier de tous, le soin de ne point faire de sa détresse un spectacle, eussent été dans ces conditions bien difficiles à sauvegarder.
D'autre part, Senlis avait en 1914 été odieusement traitée par l'armée envahissante. Le maire et quelques otages, innocents comme lui, avaient été fusillés. La plupart des maisons de la rue principale avaient été incendiées et cette voie présentait un aspect particulièrement navrant. Les habitants n'auraient sans doute pas pu contenir leur légitime indignation contre les auteurs de pratiques barbares érigées depuis en système. Ce risque était également à éviter.
Que le choix du Maréchal se portât sur un point de l'intérieur ou de l'avant, l'un ou l'autre au moins de ces graves inconvénients se présenteraient à nouveau. C'est pourquoi il adopta la forêt de Rethondes. Maintes fois pendant la guerre, il avait établi dans son train son poste de commandement. C'est à son poste de commandement que les parlementaires viendront se présenter à lui. La solitude du lieu assurera le calme, le silence, l'isolement, le respect de l'adversaire (...) "
(Extrait du "11 novembre", par le Général Weygand, 1932).